L’essentiel en bref : le Sénégal s’est doté d’un écosystème de cybersécurité structuré, articulé autour d’une stratégie nationale, d’un cadre juridique, d’autorités spécialisées et de structures de répression et de formation. La Stratégie Nationale de Cybersécurité de 2022, prolongée par le New Deal Technologique de 2025, en fixe le cap. Côté acteurs, la DCSSI pilote la sécurité technique de l’État, Sénégal Numérique SA opère ses infrastructures, la CDP protège les données personnelles, la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité enquête sur les infractions, et l’École Nationale de Cybersécurité à Vocation Régionale forme les compétences. Le secteur privé y joue un rôle croissant, dans une logique de partenariat public-privé. Cet article cartographie cet écosystème et ce qu’il implique pour les entreprises.
À mesure que le Sénégal accélère sa transformation numérique, la cybersécurité est devenue un enjeu de souveraineté, de confiance et de développement. Face à des menaces qui progressent avec la numérisation, le pays a construit, ces dernières années, un dispositif national qui mêle stratégie, droit, institutions et coopération. Mais cet écosystème reste mal connu des entreprises, qui peinent parfois à identifier les acteurs et à comprendre leur propre place dans ce paysage.
Ce guide cartographie l’écosystème sénégalais de la cybersécurité, de la stratégie nationale aux structures opérationnelles, et explique ce qu’il signifie concrètement pour une organisation. Le tout de façon neutre et factuelle, pensée pour un décideur.
La stratégie et la gouvernance nationales
Tout part d’une vision d’ensemble. La Stratégie Nationale de Cybersécurité, dite SNC 2022, définit les priorités du pays: renforcer le cadre juridique et institutionnel, protéger les infrastructures d’information critiques et les systèmes d’information de l’État, promouvoir une culture de la cybersécurité, développer les capacités nationales et coordonner les acteurs publics et privés.
Cette stratégie s’inscrit dans une trajectoire plus large. Elle s’articule avec le New Deal Technologique, lancé en février 2025, qui introduit des exigences croissantes en matière de sécurité des systèmes publics et de souveraineté des données, dans le cadre de la vision Sénégal 2050. Elle se complète par la politique de sécurité des systèmes d’information de l’État, qui fixe les règles applicables aux administrations.
Sur le plan opérationnel, la gestion des crises cyber repose sur un cadre national qui permet de mobiliser rapidement les acteurs publics et privés pour assurer l’investigation, la remédiation et le rétablissement des systèmes touchés. Cette approche traduit une conviction affichée par les autorités: face à la complexité des menaces, la réponse ne peut être que collective, dans une logique de partenariat public-privé.
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Le cadre juridique
Une stratégie ne vaut que si elle s’appuie sur le droit. Le Sénégal dispose d’un socle législatif désormais ancien mais structurant, qu’il fait évoluer.
Deux textes en constituent le cœur. La loi n° 2008-11 relative à la cybercriminalité réprime les infractions commises dans le cyberespace: accès frauduleux aux systèmes, atteintes aux données, escroqueries en ligne. La loi n° 2016-29 sur la protection des données à caractère personnel encadre la collecte et le traitement des données, sous le contrôle de la Commission de protection des données personnelles. Elle impose notamment la déclaration des traitements auprès de cette autorité et le respect des droits des personnes.
À l’échelle régionale, le Sénégal s’inscrit dans des cadres communs: l’Acte additionnel de la CEDEAO, qui harmonise la protection des données en Afrique de l’Ouest, et la Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données, dite Convention de Malabo. Cette dimension régionale traduit un des objectifs de la stratégie nationale: participer aux efforts collectifs face à des menaces sans frontières.
Les autorités et structures opérationnelles
Plusieurs institutions animent le dispositif, chacune avec un rôle distinct.
La DCSSI, Direction générale du Chiffre et de la Sécurité des Systèmes d’Information, est l’autorité technique centrale. Elle porte la sécurité des systèmes de l’État, coordonne la réponse aux incidents et développe l’expertise nationale en matière de chiffre et de sécurité des systèmes d’information.
Sénégal Numérique SA, anciennement Agence de l’Informatique de l’État jusqu’en 2022, opère les infrastructures numériques de l’État, dont le datacenter national de Diamniadio, et contribue à la protection des systèmes publics et des infrastructures d’information critiques. Elle joue un rôle central dans la souveraineté numérique du pays.
La Commission de protection des données personnelles, la CDP, veille au respect de la législation sur les données personnelles. C’est l’interlocuteur des entreprises pour la déclaration de leurs traitements et la conformité à la loi.
L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes, l’ARTP, encadre le secteur des télécommunications, dont l’infrastructure conditionne largement la sécurité numérique du pays.
Ce socle institutionnel couvre ainsi l’ensemble des dimensions de la cybersécurité, de la protection des systèmes de l’État à la régulation des données et des télécoms.
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La répression de la cybercriminalité
Au volet préventif s’ajoute un volet répressif, assuré par les forces de sécurité.
La Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité, rattachée à la Police nationale et dotée d’une compétence nationale, mène les enquêtes sur les infractions liées au numérique. Elle traite notamment les escroqueries en ligne, les usurpations d’identité, le cyberharcèlement et les atteintes aux données. En 2026, elle a mis en service une plateforme nationale de signalement en ligne, développée avec l’appui de l’UNICEF, qui permet aux citoyens et aux entreprises de signaler de manière sécurisée et confidentielle les infractions cybercriminelles, avec une attention particulière à la protection des mineurs.
La Gendarmerie nationale dispose également de capacités dédiées, via sa section de recherches, pour l’investigation des cyberinfractions. Ces structures constituent le recours des victimes, entreprises comprises, en cas d’attaque ou de fraude.
La formation et le capital humain
Un point revient dans tous les discours des autorités: l’humain demeure le maillon le plus vulnérable de la chaîne de cybersécurité. D’où l’importance accordée au développement des compétences.
Le Sénégal s’est doté d’une École Nationale de Cybersécurité à Vocation Régionale, rattachée à la Présidence, qui forme les agents de l’État, les personnels du secteur public comme privé et les équipes de réponse aux incidents, avec une ambition régionale. Cette institution traduit une prise de conscience: sans compétences, ni les meilleures technologies ni les meilleures lois ne suffisent.
Cet enjeu de formation dépasse les frontières de l’État. Pour les entreprises, la sensibilisation des collaborateurs et la montée en compétences des équipes techniques sont la première ligne de défense, un chantier où le secteur privé de la formation joue un rôle complémentaire de celui des institutions publiques.
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La place du secteur privé
Voici un point essentiel, et souvent négligé: l’écosystème sénégalais de la cybersécurité ne repose pas sur les seules institutions publiques. La stratégie nationale place explicitement la coordination des acteurs publics et privés parmi ses priorités, et le cadre de gestion de crise associe les deux.
Cette place du privé s’explique simplement. L’État sécurise ses propres systèmes et ceux des infrastructures critiques, réprime la cybercriminalité et fixe le cadre. Mais la sécurité de la grande majorité des entreprises relève de leur propre responsabilité, et suppose des compétences que les autorités ne peuvent fournir à chacune. C’est là qu’interviennent les acteurs privés spécialisés: cabinets de conseil, intégrateurs, prestataires de services managés de sécurité. Ils accompagnent les organisations dans la protection de leurs systèmes, la conformité au cadre légal, la préparation et la réponse aux incidents, en complément du dispositif national.
Pour une entreprise, bien comprendre cet écosystème, c’est savoir à qui s’adresser: la CDP pour la conformité des données, les forces de sécurité pour signaler une infraction, et un partenaire privé pour bâtir et opérer sa propre sécurité au quotidien.
Ce que cet écosystème implique pour votre entreprise
Retenez l’essentiel: le Sénégal dispose désormais d’un écosystème de cybersécurité complet, avec une stratégie, un cadre juridique, des autorités, une capacité de répression et une politique de formation. Ce dispositif protège l’État et fixe les règles, mais il ne dispense pas les entreprises de leurs propres responsabilités. Au contraire, il les rend plus lisibles: conformité à la loi sous le contrôle de la CDP, obligations de protection des données, recours possible aux forces de sécurité, et nécessité d’une sécurité interne solide.
Gael Conseil s’inscrit précisément dans cet écosystème, comme acteur privé au service des entreprises sénégalaises et ouest-africaines, avec une méthodologie éprouvée et un engagement de résultat. Notre rôle est d’accompagner les organisations dans la protection de leurs systèmes, leur mise en conformité avec le cadre réglementaire local, la sensibilisation et la formation de leurs équipes, et la préparation comme la réponse aux incidents. Nous aidons nos clients à se situer dans ce dispositif national et à assumer la part de sécurité qui leur revient, en complément de l’action des institutions publiques.
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👉 Cybersécurité & Résilience, Gael Conseil
FAQ : Écosystème de la cybersécurité au Sénégal
Le Sénégal a-t-il une stratégie nationale de cybersécurité ?
Oui. La Stratégie Nationale de Cybersécurité de 2022 définit les priorités du pays: renforcement du cadre juridique et institutionnel, protection des infrastructures critiques et des systèmes de l’État, culture de la cybersécurité, développement des capacités et coordination des acteurs. Elle s’articule avec le New Deal Technologique lancé en 2025.
Quelles lois encadrent la cybersécurité au Sénégal ?
Deux textes principaux: la loi n° 2008-11 sur la cybercriminalité, qui réprime les infractions numériques, et la loi n° 2016-29 sur la protection des données personnelles, sous le contrôle de la CDP. S’y ajoutent des cadres régionaux comme l’Acte additionnel de la CEDEAO et la Convention de Malabo de l’Union africaine.
Qu’est-ce que la DCSSI ?
La Direction générale du Chiffre et de la Sécurité des Systèmes d’Information est l’autorité technique centrale de l’État en matière de cybersécurité. Elle porte la sécurité des systèmes publics, coordonne la réponse aux incidents et développe l’expertise nationale.
À qui signaler une cyberattaque au Sénégal ?
Les entreprises et les citoyens peuvent s’adresser à la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité de la Police nationale, qui dispose depuis 2026 d’une plateforme nationale de signalement en ligne, ou à la Gendarmerie nationale via sa section de recherches. Pour les questions de données personnelles, l’interlocuteur est la CDP.
Quel est le rôle de Sénégal Numérique SA ?
Anciennement Agence de l’Informatique de l’État jusqu’en 2022, Sénégal Numérique SA opère les infrastructures numériques de l’État, dont le datacenter national de Diamniadio, et contribue à la protection des systèmes publics et des infrastructures d’information critiques.
Quelle est la place des entreprises privées dans ce dispositif ?
Centrale. L’État sécurise ses propres systèmes, réprime la cybercriminalité et fixe le cadre, mais la sécurité de chaque entreprise relève de sa responsabilité. La stratégie nationale mise d’ailleurs sur le partenariat public-privé. Les acteurs privés spécialisés accompagnent les organisations dans leur sécurité, leur conformité et leur réponse aux incidents.
Comment Gael Conseil s’inscrit-il dans cet écosystème ?
Comme acteur privé au service des entreprises, Gael Conseil accompagne la protection des systèmes, la conformité au cadre réglementaire, la formation des équipes et la réponse aux incidents, en complément de l’action des institutions publiques. Vous pouvez en savoir plus via la page dédiée Cybersécurité & Résilience.

